Les moments de crise sont des moments qui nous mettent au défi. Ils élèvent le curseur et augmentent l’intensité de tout ce qui  » passe  » sous le tapis du quotidien. Nous pouvons vivre cela comme l’occasion de faire un pas de plus pour nous renforcer et vivre encore plus intensément notre vie.

Le confinement malgré l’aspect tragique a peut-être aussi été l’occasion d’un moment de recul et d’un espace de transformation personnel et bénéfique pour certain puisqu’il a imposé un changement d’habitudes radical.

La transformation passe par le fait de donner de l’attention à ce que l’on veut changer pour ensuite permettre à un mouvement retenu, bloqué de se libérer. Cela peut prendre l’aspect d’une pensée qui sort de nos habitudes, d’une action, d’un état, d’une décision… Ce mouvement réduit l’espace qui sépare nos aspirations de la réalité de ce que nous vivons et participe à épanouir notre potentiel dans la vie. Mouvement qui débute par notre respiration, par le relâchement des tensions et des flux pour élargir notre attention et sortir des peurs agrippantes et restrictives.

Nous parlons, espérons beaucoup de changement, de transformation dans notre relation à la planète et au monde, surtout aujourd’hui. Je suis intimement convaincue que cela passe tout d’abord par la relation intime que l’on a avec soi-même. Ce soi-même est notre corps, notre esprit en fait partie. Par lui, nous pouvons être en contact avec notre individualité, (non individualisme), nos besoins fondamentaux , nos souhait pour la vie et en même temps trouver l’équilibre avec ce qui nous entoure. Cela ne veut pas forcément dire qu’il faut vivre dans les bois, mais rester en contact avec notre nature, nous sommes la nature. Nous avons longtemps cru que le fait de penser nous en dissociait. La relation « au vivant, » « au commun » (termes qui émergent beaucoup dans les cercles de réflexion politique, sociale, les entreprises humanistes. ) est indissociable de notre façon d’être vivant. Qu’est-ce qui vous rend vivant? Respirer, manger, dormir, évacuer, aimer, faire, partager, créer, écrire, fabriquer, transmettre, prendre soin,… ? Pour cela, nous avons besoin de soigner des milliers d’années de conditionnement judéo-chrétien (en Europe au moins) qui séparent le corps et l’esprit, identifient le travail à la soumission, « le labeur», n’est-ce pas ? Notre corps va toujours chercher l’équilibre des choses tandis que notre mental va toujours chercher à contrôler, surveiller, savoir, être le plus, être le moins, avoir raison….Une distinction s’impose donc entre pensée récurrentes qui fabriquent un rapport à soi et au monde identique et celles qui s’ajustent à l’ici et maintenant. Notre cerveau a une fonction d’analyse, d’organisation, de planification, d’expression… et de dialogue avec notre subtil système nerveux. L’équilibre est un ajustement permanent qui demande toute notre attention, quand notre attention est ancrée dans notre corps, alors la joie, le mystère, la peine font partie intégrante de la pensée et nous trouvons l’unité.

Dans ces temps inédits et de changements, je vous propose quelques astuces pour relâcher les tensions liées à l’inquiétude.

Les Conditions de l’inquiétudes:

L’inquiétude est une des expressions les plus commune de la peur. Nous sommes inquiets quand nous ne savons pas ce qui va se passer et que la relation à l’inconnu est teintée des expériences passées. Notre vision des choses penche alors plutôt pour la version la pire qui soit et nous empêche de nous sentir bien et confiant. Dans cet état, nous avons tendance à sur-activer le mental et perdre notre clarté et concentration, L’agitation mentale devient un bruit incessant dirigée vers les mêmes sujets qui tournent en boucle: il est souvent question de chercher des solutions, dire ce qu’on aurait dû faire ou comment cela aurait dû être….bref tout un tas de commentaires, critiques, blâmes orientés vers le passé ou le futur qui réduisent voir empêchent une perception plus grande de la réalité et sont des obstacles pour pouvoir aborder l’inconnu de façon stable, sereine et avec ouverture. Notre corps est dans la réalité et nous met au contact de toute la richesse des possibilités et diversités qu’offre ce monde.

Dans cette suractivité notre attention va être très limitée pour plusieurs raisons:

Manifestations corporelles de l’inquiétude:

Quand nous parlons dans notre tête, notre attention est coupée du reste du corps et donc nos facultés sont amoindries. Et oui, faites l’essai et vous verrez… fermez les yeux et pensez à quelque chose qui vous inquiète en ce moment. Vous sentez comment votre front se crispe, les yeux se tendent, la mâchoire se serre…. Et vous respirez au minima. Vous vous réduisez.

  • Alors premièrement faites l’inverse de votre habitude : respirer plus dès que vous êtes inquiet. Respirer pleinement, remplissez vos poumons. Laissez votre diaphragme descendre et remonter sans efforts avec les épaules et sans pousser avec la poitrine. Beaucoup de personnes avec qui je travaille me parlent de la respiration ventrale et du coup arrêtent complètement de remplir leurs poumons : l’organe de la respiration avec le diaphragme. Donc même si vous mettez votre attention dans le ventre et laissez descendre votre respiration, remplissez vos poumons.
  • Deuxièmement, relâcher les tensions/ avec l’inquiétude nous crispons encore plus. Cela donne la sensation d’être plus contenu et de sentir les limites de son corps or cela crée de la rigidité qui n’a rien avoir avec de la confiance. Vous vous figez et êtes paralysés tournez en rond, cela ne permet pas d’aborder les choses avec toute votre intelligence corporelle.
  • Troisièmement, le plus difficile, laissez faire la gravité, lâchez le poids dans vos jambes, votre bassin. Une de choses que la crispation fait quand nous sommes inquiets, nous perdons le contact avec notre bassin et nos jambes, justement là où notre force et stabilité se trouve.